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- A Propos de Ousmane Sonko

Qui est Ousmane Sonko ?
Ousmane Sonko n’est pas seulement un homme politique sénégalais. Il est devenu, en moins d’une décennie, une figure d’irruption politique majeure, un symbole de contestation de l’ordre établi, et le porteur d’un imaginaire de rupture qui mobilise, divise, inquiète ou galvanise.
Sa trajectoire n’est pas linéaire. Elle ne se comprend ni à travers un simple curriculum, ni à travers des postures politiques figées. Elle se déploie dans les interstices du système, dans les failles du consensus, dans l’épaisseur des conflits.
Sonko, c’est une inflexion dans le récit politique sénégalais contemporain : une figure traversée par des tensions entre institution et rébellion, entre pensée et pouvoir, entre promesse et faisabilité. Ce qui suit est une tentative de relecture non pas biographique, mais symbolique, politique et critique, des dimensions qui composent cette figure en mouvement.

Le technicien devenu contestataire
Fils de fonctionnaire, formé à l’Université Gaston Berger, diplômé de l’École nationale d’administration, Sonko entre dans la fonction publique en 2002 comme inspecteur des impôts. Il connaît l’État de l’intérieur, dans ses règles et dans ses failles.
Mais très tôt, il se singularise : refus de la connivence, critique des privilèges fiscaux, dénonciation des exonérations opaques, mise en cause des élites administratives et politiques. En 2014, il cofonde le SAID (Syndicat autonome des agents des impôts et domaines) et en fait une plateforme d’expression publique, jusqu’à franchir les limites fixées par le devoir de réserve.
Sa radiation en 2016 n’est pas la fin d’un parcours. Elle en est le début. En s’attaquant au système depuis l’intérieur, Sonko se transforme en figure de légitimité alternative. Il n’est pas un opposant parachuté : il est un technicien frustré devenu dissident.

Le projet d’une souveraineté retrouvée
En 2016, il publie Pétrole et gaz au Sénégal : chronique d'une spoliation, dans lequel il expose l’architecture néocoloniale du secteur extractif sénégalais. Puis en 2018, il publie Solutions, un ouvrage plus ambitieux, qui structure son projet politique : rupture souverainiste, réhabilitation des services publics, revalorisation de la production nationale, justice sociale et fiscalité équitable.
Sa pensée repose sur un trépied :
• Une critique radicale des dépendances économiques et politiques postcoloniales,
• Une volonté de réinstitutionnaliser l’État en l’arrachant à la capture privée,
• Une refondation morale du contrat social, où l’impôt devient un outil de justice.
Ce discours séduit une large partie de la jeunesse urbaine, diplômée, frustrée. Il fait de Sonko un véhicule d’espoir nationaliste et moral, dans un contexte où la confiance dans les élites classiques s’effondre.